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Docteur Pierre Panel, chirurgien-gynécologue-obstétricien, Versailles
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Docteur Pierre Panel, chirurgien-gynécologue-obstétricien, Versailles Vous avez participé à l’étude Succes I, pouvez-vous nous présenter l’objectif de cette étude ? Cette étude a été réalisée auprès de 1 061 femmes d’âge moyen de 41 ans. Notre but a été d’évaluer les taux de succès de pose et les facteurs prédictifs de l’échec de pose, sur 30 mois.
Quelles sont les conclusions de cette étude ?
Tout d’abord un succès de pose très important : 96,3 %.
Précisons maintenant le sens du mot « échec ».
Dans la procédure Essure®, l’échec est : le plus fréquemment un échec de pose (impossibilité de mettre en place les implants), rarement un échec
de stérilisation, ou encore très exceptionnellement une grossesse (1 sur l’ensemble de l’étude).
En revanche, lorsqu’on parle d’échec dans le cadre de la ligature des trompes par coelioscopie, il s’agit d’une grossesse. En ce qui concerne les facteurs prédictifs de l’échec de pose, le seul facteur significatif est la mauvaise visualisation de l’ostium (entrée de la trompe) au moment de la pose. Ni l’anesthésie, ni la prémédication, ni tout autre geste associé ne sont des éléments prédictifs de l’échec ou déterminants dans la réussite de la pose.
Dans la pratique quotidienne, que tirer de cette conclusion ?
C’est tout simple, il s’agit de respecter les « bonnes pratiques » : effectuer la pose en première partie de cycle de la femme. Cela nous permet d’avoir la certitude que la patiente ne soit pas enceinte. En outre, l’épaisseur de l’endomètre étant moindre, nous avons une meilleure chance de visualiser correctement les ostia. Et surtout, ne pas poser les implants si la visualisation n’est pas bonne.
Y a-t-il eu d’autres conclusions intéressantes ?
Oui, des chiffres évocateurs du succès grandissant de cette technique :
- une satisfaction des patientes de 95 %
- une forte augmentation de la demande. Il y a eu autant de demandes pendant les 6 derniers mois de l’étude que pendant les 24 premiers mois
- une très nette diminution du recours à l’anesthésie générale (70 % en début d’étude, environ 20 % aujourd’hui)
- et surtout un faible taux d’échec de pose (on est loin des 10 % d’échecs signalés aux tous débuts de la technique)
Comment expliquer cette évolution du taux de succès ?
Tout d’abord par l’expérience du geste technique que nous avons acquise tout au long de ces années. Mais on peut citer également l’évolution de l’implant lui-même, qui n’est pas étrangère à ce succès.
Selon vous, la technique Essure® représente-t-elle un coût inférieur par rapport aux autres techniques pour la société ? Sans aucun doute : elle ne génère que peu d’anesthésies générales et donc peu d’hospitalisations. Ces éléments parlent d’eux-mêmes.
Toutefois, les dispositions administratives de prise en charge et de remboursement de la méthode présentent encore bien des contradictions impliquant une hospitalisation ambulatoire et parfois même la pratique d’une analgésie intraveineuse systématique... Nous venons d’évoquer l’étude Succès I, cela signifie-t-il qu’il y ait un jour une étude Succes II ? Oui, elle devrait d’ailleurs démarrer bientôt et porter sur une cohorte de femmes encore plus importante.
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